Entrevue Bobby Destounis (Panoply Média) - Média
Qu’est-ce que ça représente, le concours Idéa, pour votre industrie?
Le concours Idéa est avant tout une occasion de rassembler notre industrie et de célébrer notre culture publicitaire. C’est une vitrine essentielle pour faire rayonner le talent local et pour faire avancer les idées qui façonnent notre milieu. Pour moi, la publicité fait partie intégrante de la culture d’une nation, au même titre que la littérature, la musique, le sport ou les arts. Une grande campagne publicitaire réussit lorsqu’elle parvient à toucher une corde sensible, à s’inscrire dans l’imaginaire collectif et à créer un véritable écho culturel.
Quelle vision souhaitez-vous insuffler à votre jury cette année?
Je souhaite inviter le jury à replacer l’idée au cœur de l’évaluation. Dans un contexte de surabondance de contenus et de défilement incessant, une idée forte est d’abord celle qui parvient à créer une résonance réelle avec sa cible. Une idée marquante ne se limite pas à bien performer dans un fil d’actualité ou sur les médias sociaux : elle s’inscrit dans la conversation, se raconte, se partage et génère du bouche-à-oreille. C’est ce type d’impact culturel et humain que je souhaite voir reconnu cette année.
Quelles tendances émergentes observez-vous actuellement dans votre discipline et qui, selon vous, façonneront concrètement l’édition 2026 d’Idéa?
La simplification. Dans un contexte de surcomplexité, les campagnes les plus fortes sont celles qui réussissent à se démarquer. Créativement, cela se traduit par des idées simples, mais puissantes. Stratégiquement, par un focus sur ce qui génère un réel impact. La clarté de l’idée, sa justesse et sa capacité à traverser les canaux seront de véritables avantages concurrentiels.
Y a-t-il des signaux faibles ou des approches encore marginales que vous voyez gagner du terrain et qui pourraient surprendre le jury cette année?
Un signal encore marginal, mais de plus en plus présent, est la conception d’idées médias issues d’une collaboration élargie dès le départ, réunissant clients, stratèges médias, créatifs et partenaires médias. Cette approche intégrée gagne du terrain et permet de générer des idées plus cohérentes, plus pertinentes et plus impactantes.
Cette édition met un accent particulier sur une participation plus inclusive. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous?
Au cours des vingt dernières années, notre industrie a fait d’importants progrès en matière d’inclusion. Aujourd’hui, nos messages, nos campagnes et nos créatifs reflètent de mieux en mieux le Québec tel qu’il est réellement : divers, pluriel et en constante évolution. Pour moi, une participation inclusive signifie continuer à s’assurer que toutes les voix et toutes les réalités québécoises puissent se reconnaître dans nos efforts publicitaires - autant dans les idées que dans les équipes qui les portent.
Comment, selon vous, un jury peut favoriser des perspectives plus diverses et plus représentatives?
Pour favoriser des perspectives plus diverses et plus représentatives, nous avons pris le temps de constituer un jury qui reflète réellement la richesse et la pluralité de notre industrie. Le jury de cette année rassemble des juges issus des grands réseaux comme des agences indépendantes, provenant de différentes régions du Québec et de parcours variés. Nous avons également accordé une attention particulière à la diversité des origines et à une présence féminine plus forte autour de la table, afin d’assurer des échanges plus équilibrés et des points de vue enrichis.
Pourquoi Idéa demeure-t-il important même pour les agences qui ne participent pas souvent?
Idéa demeure un événement phare pour toute l’industrie. C’est un moment unique où l’on célèbre le savoir-faire et le talent d’ici, peu importe le niveau de participation. Même pour les agences qui soumettent moins souvent, Idéa reste une source d’inspiration, un point de repère et une occasion de se comparer, de réfléchir à nos pratiques et de mesurer l’évolution de la créativité au Québec.
Selon vous, qu’est-ce qu’une agence peut gagner en se lançant dans le concours, même sans “gros portfolio” ou sans historique de participation?
Participer au concours Idéa, même sans « gros portfolio », c’est avant tout une occasion de level-up. C’est prendre un moment pour sortir du roulement quotidien, analyser la qualité du travail réalisé dans les derniers mois et se poser les bonnes questions : est-ce que cette campagne est digne de se mesurer aux meilleures de notre marché? En s’exposant aux benchmarks de l’industrie, une agence peut autant identifier des pistes d’amélioration que se rassurer sur la valeur de son travail.
Avec l’évolution rapide des plateformes et de la mesure, quels comportements médias ou stratégies d’amplification devraient, selon vous, retenir autrement l’attention du jury cette année?
Avec l’évolution rapide des plateformes et des outils de mesure, je crois que le jury devrait porter une attention particulière aux idées capables de toucher une corde sensible, de susciter une émotion réelle et de générer du bouche-à-oreille. Une idée forte vit au-delà de son emplacement ou de son format : elle donne envie d’en parler, de la partager, de dire : « As-tu vu cette pub? Il faut que je te la montre. » C’est cette capacité à créer la conversation qui, selon moi, mérite d’être reconnue.
Sinon, de manière générale, espérez vous voir émerger des projets cette année?
J’espère tomber de ma chaise. Je souhaite voir émerger des idées simplement pertinentes, mais surtout brillamment intelligentes. Des projets clairs, justes, bien pensés - des idées clever qui n’ont pas besoin d’en faire trop pour marquer les esprits.